AVENTURE EN CATALOGNE. 3

Publié le par Sonia Gruchy

Une douche réparatrice de leur étreinte torride avait failli les faire replonger dans des fantasmes des plus interdits, mais bienséance et éducation faisaient partie de leur personnalité.Une remise en beauté sommaire pour Juliette pour qui le plaisir de l’amour mettait en exergue sa beauté naturelle, en vérité un charme plus que des critères stéréotypés 
de papiers glacés.  Pour Stéphane, une remise en forme, après une journée éprouvante dans son milieu professionnel que Juliette avait la délicatesse et le talent d’occulter pour préserver leur intimité et leur complicité.
Stéphane encore sous le charme des attitudes audacieuses de son épouse, la regardait évoluer dans une mouvance féminine à souhait, le désir encore présent !
« Stéphane chéri, suis-je à ton goût ?  Aimes tu ma toilette, j’aime tant que tu me donnes ton avis !
-Ma chérie, quelle question, tu sais bien, je t’aime quoi que tu puisse porter »
Juliette aurait préféré que son mari donne une tout autre réponse à son interrogation.  Son besoin de séduction était son fil de conduite et de penser un instant que Stéphane était sous un charme permanent lui avait procuré un sentiment de frustration, comme un bémol à leurs étreintes consommées dans la luxure.
En convention, Stéphane aurait du suivre le programme à la lettre et rejoindre « Can Cortada » à bord d’un autobus affrété pour l’occasion.Mais les avances de Juliette les avaient retardé, et c’est en taxi qu’ils s’étaient rendus dans la demeure féodale !
Un apéritif d’accueil les attendait dans un jardin exotique de palmiers planté, digne des plus beaux jardins andalous.
Juliette encore empreinte de l’évanescence de son plaisir, était resplendissante de grâce et de féminité.Les collègues de Stéphane avaient été séduits par cette femme ,qui sans le vouloir,dans un retard improvisé, avait fait une entrée triomphante.Elle aimait ces instants Juliette où les regards au masculin traduisaient envie et luxure.Elle aimait en jouer jusqu’à l’audace, de ses regards qui laissaient entrevoir une certaine complicité.Stéphane avait dévoré son épouse du regard, la regardant évoluer ,devinant ses formes sous la robe de la femme qu’il venait d’aimer !
Quelques verres de sangria avaient rapidement deshinibé la femme qu’elle était en proie à une certaine angoisse de rencontrer les dirigeants de son mari.
La soirée avait évolue dans la douceur d’une soirée printanière ibérique.Après l’apéritif on les avait accompagné dans l’enceinte de la demeure féodale faite de salles en murs de pierres somptueuses.Juliette avait rapidement enveloppé du regard les différents pièces, les recoins aux plafonds voûtés empreints d’histoire .L’imagination débordante dont elle avait le secret avaient argumenté de folles pensées qui traversaient son esprit à chaque fois qu’elle pénétrait dans un nouveau salon privé.
Pour l’occasion, on leur avait réservé des tables rondes situées dans les vestiges restaurés de la tour de défense datant du XI eme siècle.
Tout en ces lieux respirait douceur et sensualité.Bruits tamisés, lumières diffuses conjuguaient histoire, mystère et luxe.Un repas dans la plus pure tradition catalane leur avait été servi copieusement arrosé par des vins de cru locaux !
Face à eux une scène laissait entrevoir qu’à l’issu du dîner, un spectacle leur serait donné !
Juliette n’aimait pas ces soirées organisées réglées à la lettre, à la virgule près, mais pour autant celle-ci était des plus agréables, et les douces caresses que son mari lui prodiguait sous la table ajoutait du piquant à la cérémonie !Sur ses jambes douces,dévoilant ses longues cuisses,d’une main appuyée mais suave ,il remontait jusqu’à la limite de son sexe !Etait- ce la chaleur de la salle ou l’émotion qu’il lui procurait, Juliette sentait monter en elle des sensations chaleureuses.Doucement ,elle avait écarté ses cuisses comme une invitation à plus de risques,pour son mari un vrai supplice, car il devait limite garder !
Quelques résonances de guitare sèche,l’Andalousie fit son entrée par trois danseurs de flamenco campés, deux brunes superbes, un hidalgo.Les premières notes révélatrices de la communauté tzigane ibérique, les chants teintés de notes gémissantes, les robes colorées et volantées avaient arraché en un instant Juliette aux effleurements de son mari.Son émotion devant le spectacle s’était traduit par d’intenses frissons qui avaient parcourus son corps aux premiers coups de talons frappant sur le plancher de la scène.
Le corps cambré et fier des deux danseuses faisait appel à tous les sens.De regards noirs en claquements de main, la salle avait pris une tout autre atmosphère.
Une véritable enfant, Juliette, jusqu’à ce que...le bel hidalgo entre en scène.  Toute la fougue d’un latin, des yeux ébène, un corps divin qu’il déplaçait sur la détresse des mélopées plaintives du chanteur !
Elle avait alors habillé son regard émerveillé d’un soupçon de diablerie !
Pas un instant elle n’avait quitté le jeune homme du regard, une arrogance perceptible même par le plus prude des spectateurs.  Elle était sous le charme et ne pouvait occulter ce désir grandissant qui se faisait de plus en plus présent !  Arrogance et volupté comme deux lames aiguisées étaient ses armes de séductrices, elle en usait, en abusait.
Le danseur avait donné un fier solo, comme une invitation à la débauche ,dégoulinant sous les lumières , il n’en était que plus séduisant et plus attirant.Une bonne demi-heure s’était écoulée dans une atmosphère magique ,puis le spectacle avait cessé plongeant à nouveau la vaste salle voûtée dans une ambiance moins typique .C’est le moment que Juliette avait choisi pour sortir sur la terrasse arborée .Elle avait allumé une cigarette,en essayant de retrouver ses esprits quelques peu pervertis par tant de virilité. Sur le rebord d’un large mur de pierre à la verticale d’un jardin exotique elle s’était assise.
Des rires et des cris fusaient, l’aplomb du mur les renvoyait en écho.  Toujours curieuse, elle s’était penché et dans l’arrondi d’une voûte elle l’avait aperçu, lui, Paco, le torse nu, envoûtant !

 

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