LA MANGEUSE D'HOMME

Publié le par Sonia Gruchy

Sa soudaine attitude désintéressée génère en moi, en cet instant une mélancolie bien légitime. Suis je assez sotte pour croire que cet homme, cet inconnu puisse me porter un quelconque intérêt autre que celui de quelques caresses volées dans l’intimité interdite d’un vol long courrier. Mais je ne suis pas femme à abandonner et je me sens devenir une féline prédatrice, prête à quelques subterfuges pour attirer son attention, quelques attitudes audacieuses et provocatrices. Est-ce le désir qui m’accompagne ou l’échec de mon aura face à cet homme qui m’a séduite ? Ma double interrogation me pousse bien malgré moi à élaborer une stratégie pour que ses doigts lâchent ce satané clavier  pour se poser sur moi, pour que son regard retrouve cette brillance diabolique engendrée par le désir de l’autre.
« Pardon Arnaud de vous déranger, mais je dois me lever pour accéder au coffre »
Il me semble excédé par ma demande  mais gentlemen qu’il est, il se détourne un instant  de son écran pour me laisse passer. La partie n’est pas gagnée. Je le frôle telle une chatte et lui sourit banalement.
Pour accéder à mes bagages, dont je n’ai absolument pas besoin en vérité, face à cette homme en pleine travail je me place, les bras tendus vers le coffre jusqu’à dévoiler le haut de mes cuisses sous une jupe devenue trop courte.
Son attitude change soudainement, face à ces jambes qui le narguent, à cette fragrance féminine, mais il continue malgré cela à taper sur son clavier. Des deux mains…puis d’une !
Son autre main soudain se glisse le long de ma cuisse, et sous cette caresse tant espérée, si légère et peu audacieuse soit elle , mon corps frémit , mon sexe brûle !
Je pose sa main sur la sienne et l’accompagne. Je le dirige vers des caresses moins décentes à la lisière de mon entre cuisse de dentelles recouvertes mais déjà de désir inondé. Ses yeux rivés dans les miens, c’est de plein fouet qu’il affronte mon regard de braise habillé, et qu’il savoure mon invitation à ces instants que je lui offre comme une prière à la débauche. Ma totale incapacité à gérer ma lente montée vers le désir, cambre doucement ma chute de rein, qu’il enveloppe de ses mains !
« Vous me plaisez, c’est indéniable »
Il range enfin son portable, et m’invite à m’asseoir à nouveau.
Mais il se fait plus câlin, et n’hésite pas à m’embrasser d’un de ces baisers enroulés qui vous réchauffent le bas ventre et laisse présager des étreintes des plus torrides.
La lubricité de l’instant porte mon regard  à cet endroit de l’entrecuisse où un homme ne peut cacher ses émotions et mon instinct de diablesse me pousse à donner une caresse fugitive sur cette protubérance
mal camouflée sous le coton de son pantalon
« Mais vous bandez, Arnaud »
Je n’ai qu’un  sourire pour réponse, mais tellement complice, qu’à mon tour je lui souris et lui dépose un doux baiser au creux de son épaule. Le désir est présent et le plaisir latent !
Maudite hôtesse de l’air, qui vient d’annoncer la descente imminente sur Bangkok !
« Veuillez regagner vos sièges et attacher vos ceintures »
Bangkok, j’arrive, Bangkok je suis là, Bangkok je suis perdue !
Arnaud le sent et dans un élan de tendresse pour noyer ma détresse, il prend ma main dans la sienne, la dépose sur sa cuisse et l’enveloppe  de sa douce chaleur en guise de protection.
« Pas d’inquiétude, Dominique, je suis là ».
Publicité

Publié dans LA QUARANTAINE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article