RELATION EPISTOLAIRE
Juliette emportée par sa passion pour l’écriture, passait la plupart de ses journées à se perdre dans les méandres de nouvelles aventures imaginaires.
Toute en sensualité, elle vouait une certaine culture à l’érotisme qui guidait chacun de ses mots, mettant en éveil tous ses sens derrière l’écran blanc. Inconsciemment elle menait une danse infernale et soumettait le moindre de ses fantasmes à tous ces hommes qui la lisaient, le plus souvent dans un solitude calculée pour mieux s’imprégner de l’héroïne et ses envies.Elle les imaginait, les yeux rivés sur ses écrits, lire et relire et lire encore, jusqu’à vivre ses aventures, les ressentir la moindre parcelle de son corps, sa bouche gourmande de sensations ! Elle écrivait pour eux, pour les séduire, pour leur donner un peu de cette sensualité qui l’habitait,mais toujours dans le plus grand mystère.Une réelle jouissance l’envahissait,à chacune de ses phrases, pour peu qu’elle puisse imaginer un visage, un homme présent à ses cotés.Une chaleur enchanteresse lui procurait cette sensation délicieuse du désir montant.Elle se laissait souvent aller à des caresses pour ressentir les émotions au diapason de ses amants imaginaires.La jouissance était latente à chacune de ses aventures, mais avec prouesses elle savait brider sa fougue,pour savourer un plaisir inassouvi. Pour le plus grand de ses plaisirs, nombres de courriers elle recevait, des hommes séduits ou tout simplement des lecteurs ravis qui tenaient à lui traduire leurs ressentiments.
Mais pour autant, il en était un pour lequel elle avait une réelle préférence, tant il respectait le mystère de Juliette. Une réelle correspondance s’était ainsi instaurée entre ces deux inconnus, Juliette était un nom prédestiné pour une telle correspondance.Les lettres à Juliette de Victor Hugo, une véritable merveille de la littérature française.

Elle, la plume et lui les yeux, une véritable complicité s’était installée entre eux.
Elle aimait ce qu’elle lui inspirait, qu’il traduisait sans tabous mais toujours dans la décence de ses mots, dans la tournure de ses phrases.Juliette souvent l’imaginait, le désirait sans jamais le lui avouer. Cette relation épistolaire, toujours guidée par le mystère, la rendait tous les jours plus sensuelles et empourprait toutes ses pensées.Qui était-il cet homme sur lequel elle aurait aimé posé un doux baiser.Pour lui elle aurait fait glisser ses bas sur ses cuisses, juste simplement pour le séduire, le satin de ses bas pour teinter de mauves et de bleu la vision de son complice.
Tous les mots qu’il lui disait sous sa plume sensuelle, lui parvenaient à elle Juliette comme un aveu de ses désirs et lui provoquaient un vrai plaisir qu’elle traduisait dans ses manuscrits
« Où êtes vous cher Nicolas, disait-elle parfois à voix haute .Ecrivez moi, vos mots m’inspirent et faites de moi celle que votre imaginaire vit »
En vérité, elle le savait, cet homme elle désirait, et pourtant dans la douleur de son esprit, elle devinait que le destin ne les ferait jamais se rencontrer.
Maintenant c’est pour lui qu’elle écrirait en espérant qu’il se reconnaitrait.Toutes ses caresses solitaires lui seraient maintenant dédiées dans la plus stricte intimité de ses aventures imaginaires.