PATIENTE
A partir du mois de décembre de l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre que d’attendre un homme !…Quoique je fasse dans la journée, aller au supermarché, au cinéma, lire, écrire, je l’attendais. Depuis des mois, je n’ai qu’un souvenir des plus vagues de mes activités. Tout est faux chez moi, sauf le désir permanent de cet homme et les seules actions où j’engage ma volonté sont en rapport avec lui :lire les activités sur son pays (il est étranger),choisir ma lingerie, lui écrire des mots, imaginer où et comment nous ferions l’amour pour la première fois. Dans mes conversations les seuls sujets qui perçaient mon indifférence avaient un rapport avec lui, le pays d’où il venait, les sports qu’il pratiquait, la poésie où il excellait. Je n’avais pas d’autre avenir que le prochain coup de téléphone fixant un rendez vous. J’aurais voulu n’avoir rien d’autre à faire que de l’attendre. Aussi un après-midi alors que je rentrais chez moi en voiture, j’ai eu le désir soudain de fixer sans contestation possible un rendez- vous à cet homme tant désiré. Et me voilà, assise devant une bière glacée à attendre avec une excitation juste contenue, celui que j’espère depuis des mois. Je lui ai impose cette rencontre, il n’a pu la refuser. J’ai choisi le Lubéron, pour son calme et ses couleurs, lui aurait préféré Florence ! Mais le voici devant moi ! Je ne le connais pas, mais je sais que c’est lui. La veine à la base de mon coup bat à tout rompre et si il sait de moi ce que je lui ai appris, il saura comment m’apaiser. La chaleur orageuse de ce mois d’août donne à l’atmosphère une lourdeur accablante .Ce moment tant attendu est des plus excitants et je ne peux me retenir de déposer sur le bord de ses lèvres un léger baiser humide. Je ne suis vêtue que d’une légère robe en soie tant l’air est lourd et pesant, et je me surprend à espérer de lui une timidité toute relative qui m’autorisera à me rapprocher de lui ,à prendre ses mains et les glisser sur mes seins. Il ne le sait pas ou fait semblant de l’ignorer, mais à cet instant précis, je sens la fièvre monter en moi tant je le désire. A cause de la chaleur sans doute, je ne porte rien dessous. Il laisse aller ses mains sur le haut de mes cuisses et moi, docile me perds dans ces délices interdits laissant inconsciemment échapper des soupirs de plaisir. La situation me séduit et m’excite et je le sens désireux d’aller plus avant. Mon corps parcouru de frissons incontrôlables me pousse sans attendre à régler l’addition, le prendre par la main et l’amener plus loin, loin des regards curieux. Poussée par mes goûts de l’interdit je le plaque contre un mur d’une courte ruelle, le poussant malgré lui à relever ma robe et poser avec force ses lèvres sur mon sexe. Il se met a bander avec une force douloureuse et se permet enfin de me regarder vraiment et de me désirer. Le poids de son regard fait onduler mon corps, geindre et respirer convulsivement. Cet instant est divin !Le temps est suspendu. D’un seul geste ,d’un seul, je fais glisser ma robe me dévoilant toute nue face à cet homme que je désire tant. La chaleur étouffante qui règne autour de nous et le désir ardent de nos deux corps meurtris donne a l’instant une force puissante. Dans un élan de pudeur qui renforce mon désir il rajuste ma robe non sans avoir effleure mes seins sous ses paumes humides et m’emporte sans détour dans un champs voisin au milieu des lavandes et du chant des cigales. Puis il me plaque au sol ,et enfin me retourne m’assaillant avec force entre mes fesses dont le relief enchante mes cuisses et mon ventre. Un instant il craint de s’abandonner trop vite, mais je remue si fort que je le chasse. Et il recule alors pour me voir toute entière le cul de plus en plus haut. Et c’est avec une délicatesse retenue qu’il pose sa bouche sur les lèvres béantes de mon sexe affolant d’indécence. Ma fleur réagit au baiser. Je me prête aux caresses avec un enthousiasme bondissant et des cris enroues. Il se laisse tirer, entre en moi avec une aisance enivrée en me creusant les reins… Il jouit longuement, éperdument, somptueusement... L’instant d’après, à peine, il n’écoute plus. Il revoit mon cul, mes reins déchaînes par la volupté. Et moi, moi je suis heureuse tout simplement. Je l’aime dans l’instant.